Voici un petit texte d'Annie NOUVEL ARMAND, qui représente bien ce que nous faisons à longtemps de temps ! ! !
NOUS, LES FOUS DE GÉNÉALOGIE
Son virus se répand partout dans le pays Et je l'ai attrapé il y a quelques années. Certes, il ne propage aucune maladie Mais... il rend un peu fous ceux qu'il a attaqués.
Il ne faut pas, c'est sûr, avoir toute sa tête Pour passer ses vacances à hanter les archives, Dans tous les coins du monde, poursuivre son enquête, Et le congé suivant. voilà qu'on récidive !
Faut-il être vraiment sain d'esprit, dites-moi, Pour venir s'enfermer, les jours ensoleillés, Avec de vieux registres qui nous mettent en émoi, Des actes centenaires pour nous émerveiller ?
Il doit probablement nous manquer une case Pour qu'un nom gribouillé nous transporte de joie, Pour qu'un acte trouvé nous remplisse d'extase, Pour qu'un lieu illisible nous mette aux abois !
Devant de sombres écrans qui fatiguent nos yeux Nous passons maints moments dans des salles obscures, Afin de dénicher de très lointains aïeux Et pouvoir les léguer aux époques futures.
Il arrive parfois qu'on perde les pédales Dans cette profusion de frères, de parrains, De tantes, de cousins, qui forment un vrai dédale Où il est parfois dur de trouver son chemin !
C'est un puzzle géant aux innombrables pièces, Qu'avec beaucoup d'ardeur et de persévérance, Il nous faut rechercher et assembler sans cesse En demandant souvent de l'aide à Dame Chance.
En haussant les épaules, d'aucuns pourront trouver, Qu'il y a mieux à faire qu'à fouiller le passé. Que l'avenir étant plus digne d'intérêt, C'est bien plutôt vers lui qu'il faudrait se tourner.
Mais on pourrait répondre à ces indifférents Que leurs ancêtres aussi leur ont transmis la vie, Qu'ils devraient tout au moins être reconnaissants Et pour les remercier, les sauver de l'oubli.
Même si un chercheur découvrait un vaccin Pour nous remettre un peu le cerveau à l'endroit, J'entends continuer cette quête sans fin, Rester un peu toquée.. Après tout, c'est mon droit